Ushuaia, croisière en Terre de Feu // 4-19 décembre 2012
Avant de remonter au nord dans les environs du tropique du Capricorne, nous avons passé 15 jours fantastiques début décembre à bord du voilier l'Ile d'Elle amarré à Ushuaia.
15,6m de bateau, lit double pour nous, Sandrine et Jean-Yves à la barre et aux cuisines et seulement un autre voyageur avec nous, le sympathique Patrick qui fêtera ses 61ans au cours de cette croisière.
À noter (et j'y tiens) que le peu de temps qu'il passe sur la terre ferme, notre couple de marins vit en Creuse pas très loin de Montluçon ! Si vous en doutiez encore sachez que les bourbonnais dirigent le monde jusqu'au 56e parallèle sud, bougnat-power.2 semaines donc à naviguer dans ces zones australes, seuls au monde sans aucune forme de tourisme pour gâcher la splendeur immaculée des paysages des canaux de la Terre de Feu.
Tout d'abord le passage du mythique Cap Horn les 4 premiers jours, dont le passage en lui même se fit au milieu de creux de 2,5m avec 25 nœuds de vent : ça gîte donc comme il faut ! Cécile a bien verdi un peu au cours de ces quelques heures mouvementées mais la compagnie des 3 dauphins qui nous suivirent durant cette navigation musclée (espérant probablement qu'elle les nourrisse involontairement...) lui rendirent très vite le sourire.
Le reste de la croisière se fit dans le canal de Beagle et ses canaux accessoires, au milieu de décors ahurissants composés de glaciers millénaires serpentant comme autant d'immenses langues bleues entre les montagnes, avec de vastes lagunes à leur pied entourées de forêts patagoniennes et tout ce que cela sous entend de faune et de flore inédites.
Nous fîmes de longues et nombreuses ballades dans ces zones parfaitement sauvages, marchant sur des tapis de mousse multicolores gorgés d'eau (le sol est rarement solide dans ces régions humides), traversant les innombrables barrages de castor tels des funambules sur leur fil tandis que les condors nous survolaient en planant majestueusement.
Nous pûmes aussi observer les lions de mer (aussi patauds sur leur rocher que gracieux une fois dans l'eau), les colonies de pingouins, les cormorans et autres albatros en tout genre, faire quelques bouts de route avec les dauphins et même pêcher la centolla (crabe royal ressemblant à une immense araignée de mer) que l'on déguste quelques heures après, j'en ai encore les papilles qui frétillent tellement c'est bon !
Il faut aussi ajouter à cela l'incroyable atmosphère de la Terre de Feu, lugubre et mysterieuse, qui effraya tant les explorateurs des siècles précédents, à savoir un plafond de nuages gris très bas donnant à l'eau des reflets anthracites et caressant le sommet des innombrables montagnes pour la plupart enneigées bordant chaque côté des canaux.
Au cours des différents mouillages, nous fîmes la connaissance de personnages incroyables, marins au long cours ayant vécu 10 vies chacun et traversé les pires tempêtes ou compagnons de navigation de quelques mois: en vrac Marcello le flamand - pompier, barman, pêcheur, chasseur - et son second, Steven ancien financier à la city de Londres ayant tout lâché pour venir faire de l'alpinisme et chasser les castors à l'arbalète ; Jacques le retraité français en tour du monde depuis plusieurs années ("une maison, c'est un bateau mal foutu, ça ne flotte pas!") avec son second Olivier, moniteur de chute libre aux plus de 4000 sauts, etc etc...

















