Unboliviable ! Bolivie (1) // 2-11 janvier 2013
Et c'est bien peu de le dire!
Après San Pedro De Atacama et nos dernières heures au Chili le passage de la frontière pour la Bolivie peut aussi s'apparenter à un voyage dans l'espace et dans le temps, et cela dès le poste de douane!
Quelques minutes après avoir salué pour la 6ème fois depuis le début de notre voyage les très sérieux et propres sur eux carabiñeros chilenos bien engoncés dans leur uniforme, nous faisons la charmante connaissance de leur version bolivienne: un gros type en civil complètement bourré derrière un minuscule bureau en bois, le T-shirt maculé de bière et l'écume aux lèvres.Il est 10h le matin...
C'est la tête pendante qu'il mettra de grands coups de tampons sur nos passeports, manquant de peu la photo de celui de Vincent notre pote suisse. Et c'est en louchant avec un sourire niais qu'il bafouillera qu'il doit aller aux toilettes, nous laissant poireauter avec le doux son de sa besogne en cours, les baños attenant au bureau.....
Waouh ça c'est de la mise en bouche!
Après cette belle introduction nous retournons nous entasser à 6 dans la jeep qui nous fera visiter pendant les 3 prochains jours le Sud Lipez (S-E de la Bolivie) avec en point d'orgue le Salar d'Uyuni.
Notre fine équipe est composée, outre Cécile et moi, de nos 2 super potes suisses Nathalie et Vincent et d'un couple d'Anglais en voyage pour 2 ans (et oui, on trouve tjrs plus fort que soi!) Lucie et Rhys, qui ne percutent pas un mot d'espagnol.
Et je dois qd même vous glisser un mot sur David le chauffeur et propriétaire de la voiture qui passera les 2 premiers jours à nous répéter tous les 1/4 d'heure à quel point nos sacs sont lourds d'un ton de reproche de plus en plus agressif jusqu'à ce que nous commencions à lui gueuler un peu dessus ( et une fois de plus quand je dis "nous" je pense "je", très comique d'ailleurs le Alex tout rouge s'énervant dans un espagnol n'ayant absolument aucun sens mais en fronçant suffisamment les sourcils pour que le message passe) jusqu'à ce qu'il finisse par se rendre compte que son pourboire est en train de lui passer sous le nez.Il finira donc par s'excuser et les dernières heures de ce périple se dérouleront enfin dans une ambiance correcte.
Alors rassurez vous ce petit désagrément ne nous empêchera pas de passer 3 jours les yeux exorbités devant le spectacle impressionnant des plus grandioses moments d'inspiration de Dame Nature.
Des lagunes de toutes les couleurs jusqu'à la plus splendide de toutes, la laguna colorada aux eaux rouges et parfaitement planes dans lesquelles se reflètent les montagnes alentours pendant que des colonies de flamants roses y quêtent leur nourriture.
On passe aussi par des déserts majestueux plantés de rochers aux formes surprenantes rappelant les tableaux cosmiques de Dalí (et ce n'est pas un hasard si un de ces déserts porte le nom du peintre à moustache),
on suffoque à nouveau devant la puissance souffrée des geysers
et bien entendu je ne pourrais m'empêcher de courir après les troupeaux de lamas en poussant des cris étranges pour essayer de les attirer (sans succès je dois avouer, mais je suis persuadé d'en avoir fait marrer plus d'un pendant qu'ils me fuyaient!).
Enfin, au bout de ces 3 journées bien remplies, nous atteignons les 12 500km2 d'étendues blanches éblouissantes du plus vaste salar du monde, avec en son centre la surprenante île aux cactus parsemées de centaines de ces grands végétaux épineux (jusqu'à 10m de haut pour les plus anciens).
Je passe sur la ville d'Uyuni, grand terrain vague en perdition dont le ciel venteux est parsemé de sacs plastiques virevoltants comme des oiseaux ivres et dont les 2 rues pavées du "centre" (succession d'agences de voyage et de gargotes pour touristes) sont jonchées de travellers post-hippies vautrés dans des positions rappelant les bons vieux clodos parisiens.
Ne souhaitant pas nous attarder là trop longtemps nous sautons dans le premier bus pour Potosi, toujours en compagnie de nos petits suisses (oui je sais mais impossible de ne pas la faire celle là).
Nous prendrons beaucoup de plaisir à arpenter les rues de cette ville, la plus haute du monde (près de 4100m), très typique avec ses cholitas nattées en robes et chapeau melon, ses anciens bâtiments coloniaux et son Mercado Central où se succèdent vendeuses de coca et étals de morceaux de bidoche en tout genre (jusqu'aux cœurs de bœufs entassés dans des bassines, langues pendantes et même museaux encore poilus, le tout au milieu d'effluves mettant en appétit).
Nous visiterons les mines du Cerro Rico partagés entre voyeurisme touristique et expérience humaine saisissante, les pauvres bougres creusant leur galerie plusieurs heures par jour à la recherche des précieux minerais dans des conditions peu éloignées de celles des héros de Zola.
On passe ensuite par Sucre, très jolie ville aux airs de Provence avec ses bâtiments coloniaux aux murs blancs, l'occasion de partir faire un trek de deux jours au sein des villages Jalq´a et de contempler l'immense cratère de Maragua à la forme de pâquerette gigantesque, dont l'origine serait une météorite ayant laissé des formations géologiques surprenantes et des traces de pas de dinosaures fossilisées.






















