Colombia, côte Caraïbes // 17 -25 mars 2013
Nous laissons la pluie incessante de l'Equateur derrière nous pour rejoindre par avion la ville de Santa Marta au nord de la Colombie et se prélasser au grand soleil qui se reflète dans la mer des Caraïbes.
Et bien nous en prit, on découvre une population et une ambiance bien plus agréable, la musique résonne partout et les gens remuent des fesses jour comme nuit.
Nous resterons 6 jours entre Taganga, petit village touristique roots et très agréable, et le parc Tayrona, une jungle longeant la mer et mêlant ses palmiers et son sable aux eaux des caraïbes pour donner naissance à de splendides plages paradisiaques.
Nous allons enfin pouvoir nous baigner ce qui n'est arrivé qu'une fois lorsque nous étions au sud de Lima (je ne compte pas les eaux à moins de 15 degrés comme celles du lac Titicaca) et ça fait un bien fou !
Nous continuons notre périple pour rejoindre la péninsule de Guajira, zone frontalière avec le Venezuela et territoire des indiens Wayuu qui y vivent en totale autarcie : ils ne sont redevables d'aucune taxe au gouvernement colombien, possèdent leurs propres croyances religieuses et interdisent tout commerce aux étrangers, colombiens compris. Ils ont leur propre justice, sont polygames, parlent un dialecte incompréhensible entre eux et sont redoutables en affaires !
Aucune route ne mène à la Guajira et les gringos ne vont quasiment pas dans cette zone car le trajet est difficile et très long : quelques heures dans un bus destroy, puis taxi sur des pistes en terre pour arriver dans le quasi-bidonville d'Uribia où nous discutons avec les locaux pour essayer de rejoindre Cabo de la Vela. Cela se fera dans un pick-up rempli à ras bord du toit à l'arrière : des packs d'eau, de la bouffe non identifiée, des bidons d'on ne sait quoi et même des sacs de ciment ou des poutres en bois. Mélangez à cela 10 passagers et nous voilà confortablement installés pour partir en pleine savane zigzaguer pendant 3 heures entre buissons, chèvres sauvages et cactus !
Le paysage devient de plus en plus désertique au fur et à mesure que l'on progresse vers le N-O, la végétation se raréfie et le sable remplace la terre.
Notre moyen de transport fait de nombreuses haltes pour livrer son encombrant chargement aux indiens qui vivent dans des cabanes en bois et tôle complètement isolées dans ce désert et dans un grand dénuement : on apprend qu'ils n'ont pour la plupart ni eau courante, ni électricité, les enfants courent nus entre quelques poulets décharnés et les chèvres omniprésentes.Probablement une des population les plus pauvres que l'on ait rencontrée avec les péruviens d'Amazonie et certains Boliviens.
Cabo de la Vela est un village Wayuu où nous ferons halte une nuit avant de nous enfoncer plus profondément dans ces décors lunaires. Ce sera l'occasion pour moi de faire quelques heures de kitesurf complètement seul au sein du plus beau spot que j'ai eu l'occasion de voir, que ce soit en vrai ou en vidéo !
Magique.
On part le lendemain à bord d'un 4x4 avec les seuls 8 autres non-indigènes du village - 4 colombiens, 2 anglais et une belge, super groupe avec qui nous nous sommes parfaitement entendu - pour passer 2 jours et 2 nuits à vadrouiller toujours plus loin dans la péninsule entre plages désertes et dunes de sable, nuits en hamac à la belle étoile et dîner de langouste ou de poissons délicieux, jusqu'à atteindre Punta Gallinas, le point le plus au nord du continent sud américain....
Et là un sentiment de plénitude et d'accomplissement nous envahit Cécile et moi. Imaginez donc! un peu plus de 3 mois et plus de 12000 kms après être allés à Ushuaia et avoir passé le Cap Horn nous voici à l'autre extrémité du continent! La boucle est bouclée et nous nous sentons très fiers de ce que nous avons réalisé.
Après cette expérience réellement extraordinaire qui restera parmi les plus beaux moments de notre périple, nous rebroussons chemin pour revenir à la civilisation sous la forme de la très jolie ville coloniale de Cartagena où nous passerons 4 jours à arpenter les splendides ruelles aux balcons fleuris du centre historique et à nous prélasser au soleil sur ses plages où m'attendra pour mon plus grand bonheur une nouvelle session de kitesurf.




















